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Premier essai : Mazda 3 2019

 

2019 Mazda3 | Photo: Mazda

Il faut oublier presque tout ce que l’on savait sur la Mazda 3. Fraîchement renouvelée, cette génération s’est beaucoup raffinée depuis les premiers modèles, apparus à partir de 2003, qui surent se tailler une réputation de petites voitures dynamiques et « fun » à conduire. La nouvelle 3, dont la commercialisation débute ces jours-ci, n’est pas une auto basique et bon marché. D’ailleurs, le prix d’entrée se trouve fixé à 18 000 $ pour la berline, une hausse appréciable par rapport au modèle 2018 qui s’affichait sous la barre de 16 000 $. L’équipement s’est certes enrichi, mais dans un segment de marché où chaque dollar compte, cela risque de refroidir plus d’un consommateur.

Mazda donne à sa compacte une allure délibérément dynamique, en particulier sur la version cinq portes, dont les panneaux de custode constituent une arche qui accentue le mouvement. Ce dessin singulier forge l’originalité de cette auto, mais brime cependant la vision de trois quarts arrière. La marque japonaise a visiblement prévu le coup et propose, sans frais supplémentaires, des capteurs d’angles morts pour atténuer les critiques.

À l’intérieur, ambiance classique et soignée. La disposition des commandes est rationnelle, les rangements nombreux et le revêtement du tableau de bord spongieux par endroits, fait plutôt cossu. On retiendra surtout la qualité des assises avant. Le siège du conducteur surtout, qui permet de se mitonner une position de conduite confortable grâce notamment à une colonne de direction qui propose des degrés d’ajustements additionnels et une assise qui permet du fond de son pantalon (ou de sa jupe) de bien sentir les réactions de l’auto.

L’espace n’est pas loin d’être aussi vaste que celui de ses concurrentes les plus habitables. Toutefois,  la hauteur sous plafond limitée a forcé les ingénieurs à abaisser les assises et à incliner les dossiers arrière pour s’assurer que les grands gabarits ne voyagent les genoux sous le menton. L’accès et la sortie pourraient se révéler aussi plus problématiques pour certains passagers, disons moins flexibles.

2019 Mazda3 | Photo: Mazda

Intégralement vôtre

Attendu à la fin de l’hiver, le rouage à quatre roues motrices figure assurément comme l’un des arguments massues – au Québec à tout le moins – de cette nouvelle génération. Il faut remonter à l’époque de la 323 GT-X pour retrouver pareille aide à la conduite agrafée au soubassement de cette compacte.  La motricité et la sécurité que procure ce dispositif permettront au constructeur d’étayer son argumentaire auprès d’une clientèle dont le choix se limite pour l’heure aux seules Subaru Impreza et Volkswagen Golf Sportwagon.  En outre, la modularité accrue de son architecture lui permettra aussi d’accueillir à terme une motorisation hybride, voire électrique. Puisqu’on a les yeux sous le capot, soulignons que le choix s’effectuera entre deux moteurs essence (2 l et 2,5 l, 2 l), tous deux dotés de l’injection directe. Les inconditionnels de nouvelles technologies devront, eux, sans doute patienter jusqu’aux premiers jours de 2020 pour découvrir le moteur issu de la technologie SkyActiv X. De cette dernière, on retient sa promesse de réduire de 20 % à 30 % la consommation de carburant et d’améliorer d’autant les reprises à bas régime. La singularité du système mis au point par les motoristes japonais s’appuie toujours sur un haut taux de compression, auquel s’ajoute un mélange pauvre en essence dont la combustion se déclenche à la fois par auto-allumage et par une bougie traditionnelle. D’une cylindrée de 2 litres, ce moteur s’accompagne d’un système d’hybridation légère utilisant un alternodémarreur alimenté en 24V par une batterie lithium ion.

2019 Mazda3 | Photo: Mazda

« Funny fun fun »

Grâce à son centre de gravité placé bas et à une plate-forme entièrement nouvelle, les sensations de conduite marquent (oui, encore) un net progrès. Au volant, la 3 offre les atouts classiques de la marque (ergonomie, qualité de finition très nettement au- dessus du lot, douceur et précision de la direction comme du guidage de la commande de boîte) et un sentiment diffus de faire corps avec l’auto qui fait oublier le manque de vélocité de sa mécanique (le 2 litres surtout) à bas et à moyens régimes. Cela apparaît sans doute plus criant aujourd’hui avec la quantité de motorisations suralimentées offertes chez la concurrence, souvent plus souples et plus énergiques. Il faut aussi reconnaître que les qualités dynamiques assez exceptionnelles des Mazda font souvent croire aussi qu’elles sont sous-motorisées. On retiendra surtout de cette dernière refonte, le confort accru de ses éléments suspenseurs lesquels filtrent avec plus de douceur les irrégularités de la chaussée et surtout le confort acoustique. Désormais, il est possible d’entretenir une conversation avec les autres occupants de l’habitacle sans avoir à hausser le ton.

Très en verve lorsqu’il s’agit d’imaginer des voitures « à vivre » et affutées sur le plan dynamique, Mazda a ce petit quelque chose qui manque encore cruellement aux autres voitures japonaises. Cette nouvelle 3 annonce clairement la couleur et démontre que la firme d’Hiroshima n’a rien perdu de sa créativité. De quoi permettre à la marque de retrouver une place sur le marché nord-américain, où ses ventes automobiles ont beaucoup souffert ces derniers temps.

À Propos Éric Lefrançois

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